Ses Patrimoines

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Le Château des Ducs de Bar

 

Le regard du touriste qui visite Bar-le-Duc pour la première fois est obligatoirement attiré par la tour qui domine la ville, la fameuse Tour de l'Horloge, qui semble veiller sur la cité et sur les maisons qui sont accrochées au flanc de la colline et qu'elle surplombe. Ce que ce touriste ne sait peut-être pas, c'est que cette tour demeure le dernier vestige des constructions défensives que les Comtes, puis les Ducs de Bar avaient érigées et entretenues au cours des temps pour protéger le château où ils avaient établi leur résidence...

Présentation succincte du château de Bar-le-Duc.

Le regard du touriste qui visite Bar-le-Duc pour la première fois est obligatoirement attiré par la tour qui domine la ville, la fameuse Tour de l'Horloge, qui semble veiller sur la cité et sur les maisons qui sont accrochées au flanc de la colline et qu'elle surplombe.

Ce que ce touriste ne sait peut-être pas, c'est que cette tour demeure le dernier vestige des constructions défensives que les Comtes, puis les Ducs de Bar avaient érigées et entretenues au cours des temps pour protéger le château où ils avaient établi leur résidence.

Ils ignorent peut-être également que Louis XIV, désireux de mettre fin aux intrigues menées contre la France par le Duc de Lorraine Charles IV, décida en 1670 de démanteler les forteresses du Barrois, y compris les défenses du château de Bar.

Le 30 octobre de cette année 1670, il donna donc l'ordre de procéder à la destruction des murailles et des tours qui, sur l'éperon rocheux que constituait ce que nous appelons aujourd'hui ''La Ville-Haute'', protégeaient le château et ses dépendances. Cédant à la supplique du Conseil de Ville et à la suite de démarches effectuées par deux des plus illustres représentants de la Ville, Louis XIV consent à ce que soit conservée la Tour dite ''du gros horloge''. En effet, assisté du prévôt de la ville Antoine Morel, Jean-Baptiste Alliot, ''médecin ordinaire du roi Louis XIV et de son Château Royal de la Bastille'', obtient de lui, suite à diverses délégations menées tant en Lorraine qu'à Paris, la préservation de la Tour de l'Horloge à Bar-le-Duc. Le 21 novembre suivant, le syndic communique au Conseil de Ville un paquet de lettres envoyées par J.B. Alliot : dans ce paquet se trouve une lettre de cachet volant de Hugues de Lyonne, Conseiller du Roi, adressée au Maréchal de Créqui, Gouverneur de Lorraine et Barrois, enjoignant à celui-ci de ne pas faire toucher «à une tour qui est au milieu de ladite ville, sur laquelle est posée l'horloge, et à deux autres petites tourelles sur lesquelles on a bâti des maisons»). Le sieur de la Platière, lieutenant-colonel du régiment de Lyonnais, chargé de la démolition, passe outre cet ordre et enjoint au maire de procéder à la démolition, usant même de menaces. Prévenu de la situation, le Maréchal de Créqui ordonne à La Platière, qui doit s'y résigner, d'épargner le monument.

La Tour de l'Horloge est sauvée, mais pas les autres tours ni les murailles qui couraient autour du château et sur tout le pourtour de la Ville-Haute.Toutefois, il est bon de préciser que l'importance stratégique du château de Bar, lorsque l'ordre fut donné de démanteler ses défenses, avait déjà considérablement été mise à mal par l'apparition de l'artillerie. Ces défenses, en dépit de la taille imposante des murailles, ne pouvaient résister longtemps aux assauts des assaillants et à la puissance de destruction des boulets que leurs canons étaient désormais capables d'envoyer.

Quant à la magnificence du château lui-même, nous pouvons nous en faire une idée à travers les écrits laissés par l'abbé Renard d'une part1, et par Wlodimir Konarski2d'autre part.

L'abbé Renard la résume ainsi dans son ouvrage (page 28): «Tant que le château fut la résidence ordinaire ou du moins fréquente des Ducs, il fut entretenu en bon état. On y trouvait, surtout à partir de René II, tous les agréments des maisons souveraines: outre le luxe et l'ameublement des appartements, il y avait de vastes jardins peuplés d'arbres rares et de fleurs choisies. On y faisait produire des melons renommés, qu'on envoyait à la maison du prince, quand il était absent; les muscadets et les meilleurs cépages plantés dans une terre préparée avec soin garnissaient les murailles de leurs grappes abondantes. Il y avait dans les dépendances du château des cages pour mettre les faucons et autres oiseaux de proie; et dans les fossés paissaient des cerfs apprivoisés pour fournir la venaison. Tout cela nous donne une idée des splendeurs que renfermait alors le château de Bar.

Bien sûr, il n'en fut pas toujours ainsi: les origines du château, que l'on situe généralement dans la seconde moitié du Xème siècle, sous Frédéric, comte du Barrois, puis Duc de Mosellane, furent plus modestes (Archives départementales de la Meuse, R 100: Mémoires de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc, troisième série, volume V, 1896, p. 1 à 307.2A. D. de la Meuse: U 1984, ''Bar-le-Duc et le Barrois'', tome premier: ''à travers le vieux Bar''.)

La forteresse, dans sa forme primitive, était certes protégée par de hautes murailles, mais elle ne comportait que quatre tours d'angle. Beaucoup d'autres furent rajoutées par la suite.

Outre le château, on trouvait à l'intérieur des murs une chapelle castrale dédiée à Saint Étienne, très ancienne, qui devint par la suite une magnifique collégiale dédiée à Saint-Maxe.

Mais il fallut attendre la période de la Renaissance, sous le règne de René d'Anjou et surtout de René II, pour que le château acquière ses lettres de noblesse.

À l'inverse, dès que les Ducs de Lorraine et de Bar se fixèrent à Nancy, le château perdit de sa splendeur. N'étant plus qu'occasionnellement occupé, il fut négligé et mal entretenu. Avant même la destruction de ses tours et de ses murailles ordonnée par Louis XIV en 1670, un violent incendie avait ravagé la partie centrale du château le 14 février 1649.

De nos jours, après que les appartements des Ducs qui surplombaient la Ville-Basse, furent démolis au début du XIXème siècle parce que menaçant ruine, il ne subsiste de l'ancien château que l'actuel Musée Barrois, qui abritait la Chambre des Comptes des Ducs et faisait face aux appartements ducaux.

La période dite moderne verra une partie des bâtiments qui constituaient les dépendances du château proprement dit changer de destination. Dès la fin du XVIIIème siècle, les locaux situés dans le prolongement de la Tour de l'Horloge vers l'esplanade du château accueilleront une manufacture de tissage du coton réservée aux orphelins et aux ouvriers sans travail. Ils furent ensuite le siège d'un établissement religieux d'enseignement, dirigé d'abord par des sœurs Dominicaines, puis par un établissement privé de la ville. Une partie de ces bâtiments est aujourd'hui occupée, outre un gymnase appartenant toujours à l'école privée, par un restaurant renommé, par des services du Conseil Départemental de la Meuse, et par une chapelle qui accueille des expositions temporaires d'artistes contemporains, mais qui est récente et n'a rien à voir avec la fameuse Collégiale Saint-Maxe, rasée sous la Révolution.

Le château de Bar-le-Duc, malgré les destructions et les amputations dont il fut l'objet, n'en reste pas moins un lieu privilégié de visite pour les touristes qui parcourent la Ville-Haute, grâce à son Musée, à sa glacière, à son esplanade et à ses jardins, ainsi qu'au point de vue qu'il offre tant sur la Ville-Basse que sur le coteau qui lui fait face et qui se nomme ''Derrière le Château''.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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article paru dans l'Est Républicain du 19/07/20